UN JARDIN DE BRANCHES
Paroles de Alain Hontoy
C’est un jardin de branches
Où je me soûle d’ailes
Jusqu’à blesser ton corps
En y greffant mes plaies
C’est dans la nuit étanche
Ce feu fou de chandelles
Qui soulève des trésors
De baisers en baisers
Je t’aime et pour le reste
Comme en cherchant de l’or
J’écrase quelques fruits
En étouffant ton geste
C’est pour dire mon amie
L’espace de tes vergers
Tu laisses éclore des nids
Dans de tièdes buissons
Cédant ton pain ta laine
À mes griffes d’enfants
Et je deviens ici
Un ouvreur d’horizons
Sur tes hanches sur tes veines
J’explore mille fleuves errants
En forme de bouquet
Mêlés comme des sirènes
À faire crier l’amour
Dans ses profonds secrets
Nous n’avons pour séjour
Que le ciel du présent
C’est un jardin d’étoiles
Où l’on pille vole et saigne
Des musiques des alcools
Que nos doigts font danser
Quand tes seins nus me halent
Puis confiants se baignent
En prenant la parole
Aux sources d’un baiser
C’est comme une fontaine
Où mes mains deviennent folles
Mes folles mains écolières
Sur ton âme Africaine
Qui fait sourdre de terre
L’esprit de la beauté
Où naissent tes genoux
J’ai peur pour un instant
Qu’en des lieux plus sensibles
Ma fleur aux yeux de neige
Dans l’un de mes airs fous
Pressentant mes serpents
Comme des mages irascibles
Tu redoutes leur siège
Pleure sur ma liberté
J’apprendrai l’invisible
Et si mon sexe rampe
Comme un astre enchanté
Ton corps est une lampe
Où j’avoue mes cortèges
C’est un jardin de sable
Aux grains étourdissants
J’insulte à mort la mort
Qu’en maints endroits l’on frôle
Au jeu de l’ineffable
Pour accorder le temps
On triche un peu le sort
En pariant tous les pôles
Quand les soleils sans fin
Comme de précieux renforts
Sortent du fond des granges
Je gaule franc magicien
Dans du feuillage les anges
Qui livrent leurs épaules
C’est un jardin de branches
Où l’on s’enivre d’ailes
Jusqu’à blesser nos corps
En y greffant nos plaies
C’est dans la nuit étanche
Ce feu fou de chandelles
Qui soulève des trésors
De baisers en baisers
L’on s’aime et pour le reste
Comme au fil des aurores
Nous croquons chaque fruit
Sans retenir nos gestes
C’est que l’âme en épi
Nous gagnons des greniers
© Alain Hontoy 1988/2007 Tous droits réservés
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