LA SURPRISE
Paroles de Dominic Labrèche
La chandelle entre nous, comme à toutes les fois
Éclairait tristement nos faces de carême
Et vous me demandiez, des sanglots dans la voix:
« Dis donc, tu m’aimes? »
Et je vous répondis en frappant dans un plat
Que comme à vous baiser se limitait mon rôle
Il n’était pas besoin qu’en plus on vous comblât
Par des paroles !
Puis, me calmant soudain, je vous dis tendrement
Que vous pouviez sécher vos larmes d’incomprise
Puisque j’avais pour vous, et ce soir justement
Une surprise
Aussitôt, et songeant à certain diamant
Vous poussâtes un cri qui effraya la chatte
Et, me sautant au cou, comme une vraie enfant
Vous m’embrassâtes
Puis je bandai vos yeux avec un vieux fichu
Et, vous offrant mon bras (courtoisie sans pareille)
Je vous menai dehors, le sourire fendu
Jusqu’aux oreilles
Vous ayant précisé que ce que j’offrais là
Avait plus de valeur que tous vos diadèmes
J’ôtai votre bandeau en vous disant tout bas :
« Jugez vous-même. »
À la branche de l’arbre au milieu de la cour
Un chien était pendu, et les mouches voraces
Tout ainsi qu’escompté, bourdonnaient alentour
De la carcasse
En voyant ce tableau qui, soit dit entre nous
Trahissait quelque peu mon côté psychopathe
Pétrifiée d’horreur, et tombant à genoux
Vous vous signâtes
Alors je vous lançai, sarcastique à souhait
Que vous eussiez mieux fait de m’écarter vos cuisses
Car enfin, ma chérie, ce chien, je vous l’offrais
En sacrifice
Et comme, renonçant à vous justifier
Vous détourniez votre visage blême
Je sus que plus jamais vous me demanderiez
Si je vous aime
© 2006 Dominic Labrèche
Tous droits réservés
|